samedi 25 juillet 2015

Ma réponse à Gérald Karsenti, PDG de HP France, pour son billet : « Patron, manager, leader ... et demain ? Quel est votre avis ? »

J'ai déjà évoqué Gérald Karsenti, PDG de Hewlett-Packard France (et professeur à HEC), dans un précédent billet « Dans les coulisses de Simple CRM ».

Dans une nouvelle publication sur son blog (voir : http://geraldkarsenti.blogspot.fr/2015/07/patron-manager-leader-et-demain-quel.html), Monsieur Karsenti pose une question ; quelle sera le profile du dirigeant de demain, du manager à leader de leader à… ?

Voici donc ma modeste réponse.

Dans son billet, Gérald (pas que nous soyons intime, mais c'est plus court ainsi!), souligne l'origine du terme « manager », origine francophone, remontant au XVième siècle et au verbe « mesnager » signifiant « tenir en main les rênes d'un cheval ».

Il évoque également cette génération Y, qu'il faut manager ou leadershiper et, de facto, de la nécessité de réinventer notre approche de la conduite d'entreprise.

De mon point de vue, nous devons revenir à la base du « tenir en main les rênes d'un cheval ». La base, c'est qu'il faut choisir un cheval, le dresser, le nourrir, le soigner, l'abreuver, le brosser, ramasser ses merdes (si, si assumons pleinement!), affronter (lorsqu'il s'est enfui pour manger l'herbe du voisin), et lorsque la charge du chariot est trop lourde, trouver pour lui une solution alternative.

Cette génération Y est un jeune mustang, au sang vif et fougueux. Ils pensent savoir mais comme se plaisait à le dire Morpheus à Néo dans Matrix : « There is a difference between knowing the path and walking the path. »



Si cette génération Y a une facilité à appréhender des outils informatiques, il n'en est pas moins vrai que son approche de ces mêmes outils est beaucoup trop superficielle (toutes mes excuses si mon point de vue est axé sur le côté ICT, mais en tant que CEO d'un éditeur CRM, ceci représente 99 % de ma réalité quotidienne). Ils voient trop souvent les environnements numériques de leur quotidien comme une partie de leur propre ADN sur laquelle ils ne s'arrêtent pas, car ils l'estiment, à tord, acquise. La réalité, est qu'ils devraient les décortiquer au microscope, afin de se les approprier complètement et d'en faire des armes de guerre.

Chez Simple CRM, la première tâche d'un manager est d'ouvrir les yeux des nouveaux venus afin de leur apprendre à voir les éléments qui les entourent à 360° ET en profondeur, afin que ces GEN Y comprennent que chacune de leurs décisions va affecter un organisme vivant, en constante mutation et que ce type de manipulation nécessite une connaissance globale, non superficielle. 

Mon approche est en un sens rétrograde ! Nous commençons par une révision des « L'art de la Guerre » de Sun Tzu, suivi d'un apprentissage de la gestion du temps, de la gestion de projet, de la gestion du travail en groupe (en général bien maîtrisée par cette génération Y), et de la veille concurrentielle, aidés en cela par mon livre « 24 heures pour être plus heureux au travail : un défi à votre portée, car apprendre à être heureux est facile. ».

En parallèle, il faut inspirer cette génération Y. Là intervient le leadership, qui est à mon sens la capacité d'un manager à insuffler de la valeur ajoutée dans une entreprise et de sa capacité à communiquer cette vision, de manière enthousiaste. Cette valeur ajoutée doit être axée sur l'innovation, une innovation qui se doit d'être agile. Puisque agile, la génération Y est invitée à remettre en question ces innovations mais en respectant la charte interne de Simple CRM (voir : http://www.simple-crm-club.com/2015/07/drh-les-chartes-internes-afin-dancrer.html) à savoir que : « Personne n'est parfait, donc tôt ou tard, vous devrez contre-dire une collègue. En travaillant chez Simple CRM GROUP, vous vous engagez à contredire un collègue, uniquement de façon argumentée. En effet, contre-dire peut faire naître des tensions. Si vous vous opposez à une idée ou à une décision, vous devez le faire en proposant une alternative et en expliquent de manière factuelle pourquoi vous apportez une alternative à la proposition de base et en quoi cette alternative pourrait être plus judicieuse. »

Le but est, in fine, de créer une émulation intellectuelle, basée sur un socle de valeurs et de méthodologies communes, d'où la nécessite d'un management qui crée cette base identitaire, qui permet ensuite au leadership de faire naître cette émulation.

En conclusion, et pour répondre à la question de Gérald, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de créer un nouveau verbe pour théoriser la conduite de nos entreprises, je pense simplement qu'il faut creuser encore plus profondément les sens et possibilités des termes actuels.

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